Avec
Colette Magny : Baise m'encor
de Louise Labé
Daniel Znyk : L'opérette imaginaire de Valère Novarina
André Dussolier : La boîte à outils de Roland Dubillard
Laurent Terzieff : Pour écrire un poème, de R. M. Rilke
Gérard Depardieu : Psaume de Paul Celan
Claude Pieplu : Pater Noster de Jacques Prévert
Jean-Luc Debattice : Billy the Kid de Michael Ondaatje
Denis Lavant : L'homme noir Circé d'Essenine
Bernard-Pierre Donnadieu : Radio Ben Hur d'Yves Buin
Elise Caron : Le secret de la situation d'Henri Michaux
Gherasim Luca : Prendre corps
Valérie Rouzeau : La Fante à qui
Jacques Bonnaffé : L'oie de Jean-Pierre Verheggen
Philippe Morier Genou : La fugue de mort de Paul Celan
Alain Carré : Mihyar le Damascène d'Adonis
Roberto Juarroz : Poème vertical
André Du Bouchet : Sable mouvant de Pierre Reverdy
Franck Venaille : La descente de l'Escault
& des extraits d'entretien avec Edmond
Jabès (20/10/1987)
Lokenath Battacharya (09/01/1988)
Jean Tardieu (21/06/1976)
Tomas Tranströmer (29/11/1989)
Alvaro Mutis (01/01/1994)
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Poésie sur Parole
1er avril 2007
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La poésie s'est toujours inventé des lieux. Et pas seulement dans les livres. De temples en châteaux, de tréteaux en boudoirs, de théâtres en salons, guinguettes, cabarets, bistrots, préaux, stades, chapiteaux, roulottes, librairies, bibliothèques, elle a, selon les âges, vaticiné, charmé, séduit, forcé l'écoute, diverti, enflammé, mobilisé, enchanté les esprits et les coeurs. Au milieu de ce siècle pourtant, en légitime état de commotion après le règne exterminateur de l'innommable, elle a, sinon perdu la voix, du moins remisé le souffle, assourdi ses éclats, détimbré ses mélodies, brimé ses modulations. Expiation, fascination d'un ciel sans espoir en forme de linceul, le recours, le réflexe, parfois la facilité, fut alors d'explorer la page blanche et de s'abandonner à un mutisme qui prétendait se parer des vertus du silence. Retrouver le plaisir de dire, s'autoriser la jubilation d'un bouche-à-oreille public, accueillir l'énergie d'une parole neuve et, en conscience, vraie, voilà qui prit l'allure d'une sorte de reconquête. Car longtemps cette renaissance ne fut qu'écho lointain, rumeur venue d'Arabie, des Indes, des Amériques. Quelque chose comme le retour de la vie prodigue dans la poésie. J'évoque ici la surprise et l'élan joyeux, libérateur, des premières lectures d'Adonis et d'Allen Ginsberg. J'évoque l'effraction récitative, faite de chair et de chant, d'un apatride d'expression française: Ghérasim Luca. J'évoque les soirs de Kaboul avec Sayd Bahodine Majrouh qui vocalisait ses épopées interdites. J'évoque les foules de Kairouan à l'assaut de la scène où Nizar Kabbani offrait ses poèmes. C'est explicitement dans cette chambre d'échos que fut conçue Poésie sur Parole, l'émission quotidienne que j'animai à partir de 1987 sur l'antenne de France Culture, souhaitant qu'elle irrigue et irrite quelque peu l'ensemble du paysage poétique. Mais déjà, je rêvais d'un espace où conjuguer séance tenante textes et musiques, un espace où éprouver à nouveau la poésie en tant que ferment actif, irremplaçable, irréductible. D'où l'idée d'investir à date fixe une salle de théâtre, d'imaginer, autour d'une oeuvre unique, des récitals uniques que seul un enregistrement radiophonique déroberait à l'éphémère... Série d'Orphée Studio, avec Claude Guerre, au Théâtre de l'Aquarium : Le poème du siècle dernier |
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